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Maillage territorial

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Petite histoire de l’université en France de mai 68...

Historiquement, apparaissent les premières universités en France au XIIème siècle comme à Paris ou à Montpellier. Ces dernières prodiguaient des enseignements axés sur les lettres (latin, grec, philosophie), le droit et certaines sciences (médecine, mathématiques) ; le tout fortement influencé par la religion et sous contrôle du roi jusqu’à la révolution de 1789.

Peu à peu, les universités se sont affranchies de leur tutelle cléricale pour voir se développer recherches et enseignements. En France la loi de séparation entre l’église et l’État consacre cette indépendance.

À compter du début du XXème siècle et jusqu’aux années 1950, les universités se développent et leur nombre augmente. Au sortir de la seconde guerre mondiale, chaque ville française possède son université. Outre les grands secteurs historiques comme celui du droit, de la médecine ou des sciences, de nouvelles disciplines apparaissent dans le domaine des sciences sociales. En parallèle, la population étudiante augmente sous l’effet du le baby-boom.

C’est pour répondre à cette demande croissante que sont construites de nouvelles universités comme celle de Nanterre. C’est dans cette université nouvelle, construite en lieu et place du plus grand bidonville de France, que les mouvements étudiants de mai 68 vont débuter avant de se transposer au Quartier Latin et à d’autres secteurs de la population française (ouvrier et employé). Mai 68 constitue un tournant à la fois politique, social et structurel.


...à nos jours

En réaction à Mai 68, la loi Faure du 12 novembre 1968 sépare les universités de l’époque.

C’est ainsi que les différentes universités parisiennes sont crées ; à l’université de Paris VI sont attribuées les sciences dites «nobles», à Paris II les sciences juridiques... En province, ce schéma est également appliqué ; c’est ainsi qu’on a vu apparaître 3 universités à Strasbourg, Montpellier, Lille... 4 universités à Bordeaux...

Pour autant, l’attrait pour l’enseignement supérieur et les universités ne s’est pas démenti. On assiste à partir du milieu des années 70 à l’essaimage de nouveaux établissements, mais aussi ce qu’on appelle aujourd’hui des sites délocalisés.

Enfin une dernière vague correspond au plan Université 2000 à la création d’universités dites "de proximité" à même d’assurer un accès facilité à l’enseignement supérieur. Cela a conduit par exemple de l’Université du Littoral Côte d’Opale (ULCO) (1991) ou l’Université de Cergy-Pontoise (UCP) (1991).

Lisibilité et essors d’autres structures de formations

En parallèle de ce mouvement de massification de l’enseignement supérieur et de densification des sites universitaires on assiste à un triple mouvement.

Tout d’abord, les écoles de corps (ENA, Mines, Polytechnique...) réagissent en adaptant leurs enseignements, en « diversifiant » leurs recrutements et en se structurant essentiellement autour de leur capacité à transmettre des connaissances, des compétences et en assurant des mises en réseau. Dans ces circonstances, elles ont trait, dans l’imaginaire collectif « d’élite de la Nation ». Ce phénomène peut se percevoir dans les ouvertures multiples de classes préparatoires aux grandes écoles dans les années 80.

Deuxièmement, on assiste à l’éclosion et la pérennisation d’un grand nombre d’établissements consulaires, associatifs ou privé ayant vocation de former, sur le modèle des « grandes écoles » historiques. Ces établissements ont vocation à répondre à la demande croissante d’enseignement supérieur hors universités.

En parallèle de ces deux éléments, on assiste à partir du début des années 1980, à une paupérisation de l’université. En effet, celle-ci doit assumer à la fois ses missions de formation mais aussi de recherche tout en tentant d’entretenir un patrimoine immobilier en posant héritier des réformes post-soixante-huitardes. À partir de cette période et jusqu’au milieu des années 2000 les effectifs étudiants à l’université stagneront (voire baisseront) à l’inverse des autres établissements de formation avec lesquels elle est maintenant en situation de concurrence.

L’émergence des classements

Les offres pléthoriques de formations post-baccalauréats conduisent à l’élaboration de critères qualitatifs pour effectuer des choix d’orientation des lycéens. Un certain nombre d’organes de presse spécialisée (L’Étudiant), mais aussi généraliste (le Point, l’Express) va s’emparer de ce sujet sous l’angle « d’aide au choix dans l’orientation» et va publier des classements initialement sur les écoles et récemment sur les universités.

Dans une autre mesure, l’université Jiao-Tong a publiée en 2003 son désormais célèbre classement de Shanghai. Ce classement pour but d’évaluer les universités de niveau mondial et de les ordonner selon des critères tout à fait discutables. Dans ces critères, on peut citer le nombre de prix Nobel et de médailles Fields parmi les anciens élèves, les bibliométries issues de revues reconnues. Ce classement, au regard des retombées médiatiques et surtout politiques qu’il suscite, a grandement influencé un certain nombre de projets et de pratiques (PRES, Fusions, Bibliométrie, etc.).

Enfin, on assiste à des pratiques beaucoup plus surprenantes issues du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche qui a réalisé un classement au regard des taux d’insertion professionnelle des étudiants Master[1]. Sur cette question de l'insertion professionnelle des étudiants de Master, tout comme pour les classements au sens large, la FAGE préconise la cartographie, apportant une vision plus juste et plus objective quant au choix d’un établissement pour les futurs étudiants. Ce «mapping multi-critères», tel que le voit la FAGE, outre les données de territorialité inhérentes à l’insertion professionnelle, comprendrait des informations d’ordres différents, tels que les solutions d’hébergements (et leurs prix) proposés par le CROUS, un indicateur de la qualité de la vie étudiante (Bibliothèques, Resto U, etc...) ou encore une approche spécialisée par filière quant à la professionnalisation des formations[2].

Les nécessités de plus de cohérence

Compte tenu de l’ensemble de ces éléments, certaines universités réagissent, au regard d’une législation favorable (PRES, LRU) soit en mutualisant un certain nombre de leurs compétences, favorisées par des proximités géographiques, soit en décidant purement simplement de fusionner.

Ainsi plusieurs établissements choisissent de revenir à la situation antérieure à 1968 ; c’est le cas de Strasbourg, d’Aix-Marseille et de la Lorraine (à l’échelle régional).


Les appels à projets, une mise en concurrence ?

Ces situations des disparités et de multiplicité des institutions d’enseignement supérieur ont conduit les pouvoirs publics à réagir.

Plusieurs projets de financement, hors contrat, ont vu le jour comme le Plan campus ou les Investissements d'avenir.

Ces financements supplémentaires nécessitent, pour être obtenus, de déposer un projet à la fois réalisable, ambitieux et au rayonnement international fort.

Parmi les 80 universités françaises, 10 ont obtenu le financement pour rénover leurs infrastructures Plan Campus, 8 (parfois les mêmes) ont obtenu des financements, les IDEX (Initiatives D’Excellence), pour mener des recherches et une centaine de projets, LABEX (LABoratoire d’EXcellence), visant à accroître le niveau de recherche ont été distribués...

Et demain?

On peut donc s’interroger aujourd’hui sur la question de la pertinence de notre maillage territorial actuel. Avec 80 universités, environ 500 écoles et rajoutons à cela des instituts et des services de formation paramédicaux, aujourd’hui en France toute personne est à moins de 30 km d’un établissement d’enseignement supérieur.

Toutefois, les questions de la lisibilité des sites et des offres de formation, que ce soit au niveau national ou international, est très largement discutable. À cela plusieurs causes ; tout d’abord la dichotomie unique au monde entre écoles et universités, ensuite la cohérence au sein d’un même territoire de l’existence de plusieurs établissements fournissant peu ou prou les mêmes formations, rajoutons à cela la séparation qui existe dans l’imaginaire collectif du niveau de formation entre les établissements, on obtient un maelström quasi inextricable.

Il s’agit de l’un des défis de la décennie à venir. Il s’agira d’opérer, tant pour la clarté de notre offre de formation que pour la lisibilité de celle-ci comme de la recherche, une réflexion globale associant tous les acteurs dans le but unique de converger vers un modèle clair, autonome, lisible, attractifs et efficace tout en gardant une notion de proximité garantissant un égal accès à l’enseignement supérieur.

Notes et références

  1. Deuxième enquête sur l'insertion professionnelle des diplômés des universités - MESR - Novembre 2011
  2. Classement des Universités : UN critère mais surtout DES oublis... - FAGE - Octobre 2010

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